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Chapitre : 7
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Cet œil bleu profond comme les yeux des anges, n’appartient plus à son organisme de jadis, qui a grandi. Ce corps est à présent adulte. Cet œil n’est plus celui d’un enfant.

C’est pourquoi le titre que mon ami Pierre a donné à sa photographie me paraît tout à fait pertinent, c’est en effet le

P o r t r a i t d e l ’ E n f a n t P e r d u .

Il me semble que l’usage le plus gentil et intelligent que nous puissions faire de ces notions du un et du zéro, c’est de les appliquer à nous-mêmes.

Nous allons nous y appliquer, et les appliquer à nous-mêmes pour pénétrer le mystère de cet

E n f a n t P e r d u .

Nous allons lui poser nos grandes questions en termes du un et du zéro, pour le plaisir de les simplifier, de les clarifier jusqu’à que le bon sens les dissolve. Nous allons du moins essayer.

L’œil au centre de la photo doit à une déchirure de couches de papiers d’avoir reparu à la surface du monde visible. C’est à une déchirure qu’il doit son émergence. Pour voir comme on voyait en enfance, comme on voyait il y a si longtemps qu’on en a perdu la mémoire, il nous faut à nous aussi des déchirures , mais celles-ci émotionnelles .



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